Comment les nouvelles technologies peuvent-elles transformer les écosystèmes agricoles ?

La sécurité alimentaire du continent est en effet cruciale pour le développement économique des pays africains. Cependant, il ne représente qu’environ 15 % du PIB, même si l’Afrique possède environ 60 % des terres agricoles arables du monde.

Si, en 2019, 235 millions de personnes vivant en Afrique subsaharienne vivaient en situation d’insécurité alimentaire, nul doute que la crise sanitaire actuelle, couplée à la crise économique et sociale que connaissent de nombreux pays du continent depuis Plusieurs années, ont accentué les enjeux socio-économiques. Les agriculteurs, les entreprises opérant dans le secteur agricole, les PME africaines et les consommateurs ont été et continuent d’être parmi les premières victimes de cette crise multidimensionnelle. Cette situation est d’autant plus préoccupante que 51% de la population active du continent travaille dans le secteur agricole, et dépend donc de sa viabilité pour sa subsistance. Cependant, il convient de noter que ces emplois sont principalement dans l’agriculture de subsistance.

Dans ce contexte, les nouvelles technologies offrent sans aucun doute des solutions efficaces et innovantes pour donner un nouveau souffle aux écosystèmes agricoles du continent. C’est d’autant plus important que la population de l’Afrique devrait doubler d’ici 2050, passant d’un milliard d’habitants en 2019 à près de 2,4 milliards en moins de trente ans. Dans le même temps, nourrir la population en Afrique devra s’accompagner d’une préservation accrue de la biodiversité et des écosystèmes. Dans ce contexte, il est plus que crucial de favoriser le développement de l’e-agriculture. Grâce à la collecte, au stockage, à l’analyse et au partage d’informations, les technologies numériques ont le potentiel d’améliorer les rendements, aidant les acteurs du système alimentaire à prendre des décisions éclairées et ainsi à obtenir des résultats significatifs en termes de résilience.

De plus, selon les estimations du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), d’ici 2030, 200 millions d’agriculteurs auront besoin de numérisation en Afrique en raison de la transformation numérique en cours du continent. Pour atteindre le plein potentiel de l’agritech, il est donc nécessaire de relever les défis actuels liés à la connectivité, à l’accès à l’énergie et au financement. Ainsi, des programmes ambitieux impliquant les pouvoirs publics et les acteurs du secteur privé doivent être mis en place pour permettre au plus grand nombre d’accéder à des outils innovants et ainsi bénéficier des avantages offerts par ces solutions.

Huawei a déjà des solutions à ces obstacles, à commencer par le projet « Smart Irrigation » au Maroc. Ce projet, qui utilise la 5G, le cloud, l’intelligence artificielle et le big data, permet une irrigation à distance, précise et intelligente, en utilisant la bonne quantité d’eau pour augmenter la production. Ainsi, en installant des capteurs au sol pour collecter et stocker des données, ce projet vise à mesurer l’humidité, la température, la conductivité électrique ou la salinité de l’eau, l’objectif étant d’optimiser la production, tout en réalisant une économie de plus de 60% de gaspillage d’eau. . . Dans le même ordre d’idées, le projet « Rural Solar Power » au Cameroun, qui consiste à déployer des solutions d’énergie verte combinées à l’intelligence artificielle, a permis de désenclaver plus de 1 000 villages, et dans la foulée, près de 4,5 millions de personnes ont gagné accès à une connexion stable.

Chez Huawei, nous sommes convaincus que les nouvelles technologies ont un rôle important à jouer dans l’amélioration des conditions de vie des populations en Afrique et dans le monde. Par exemple, nous sommes convaincus que l’arrivée progressive du réseau 5G sur le continent africain permettra non seulement d’améliorer le réseau mobile, mais sera également une véritable source de progrès socio-économique, notamment dans le secteur agricole.

Afin de maximiser les opportunités offertes par les nouvelles technologies dans tous les secteurs, y compris l’agriculture, il est essentiel de familiariser et de former les jeunes talents africains aux outils numériques. Afin qu’ils puissent relever les défis de leur métier et prendre pleinement en main l’avenir numérique de leur pays, et à terme, du continent, nous, chez Huawei, nous sommes engagés à promouvoir la formation aux compétences en TIC (technologies de l’information et de la communication) depuis plus de vingt ans maintenant. À ce titre, le Groupe travaille avec les gouvernements africains pour stimuler la transformation numérique et offrir davantage d’opportunités aux jeunes de demain grâce à divers programmes éducatifs, tels que la Huawei ICT Academy, Seeds for the Future et le projet de talents iTB en Égypte.

Les espoirs de la révolution verte tant attendue sur le continent, basée sur l’augmentation de la production agricole ces dernières années couplée à l’utilisation de solutions durables innovantes, nécessitent la mobilisation des décideurs politiques et des acteurs privés. Il est essentiel que les États investissent dans l’irrigation, encouragent la transition vers la numérisation et soutiennent les petits agriculteurs avec des prêts. Ces mesures permettraient alors de limiter les conséquences économiques à long terme de la pandémie, tout en capitalisant sur les ressources naturelles qu’offre le continent africain, et ainsi de faire du secteur agricole l’une des clés du développement et de la croissance socio-économique de des pays.

Par Adnane Ben Halima,

Vice-président en charge des relations publiques, Huawei Afrique du Nord

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