La Turquie établit une feuille de route pour une agriculture respectueuse du climat

Le gouvernement accélère ses efforts dans la lutte contre le changement climatique. Le ministère de l’Agriculture et des Forêts se concentre sur les initiatives agricoles et la production alimentaire respectueuses du climat, en mettant l’accent sur la protection de l’écosystème.

Le changement climatique est en tête de l’agenda de la Turquie car le phénomène mondial a augmenté les températures mondiales moyennes de 1,1 degrés Celsius (2 degrés Fahrenheit) au cours des siècles. Cela aggrave également les catastrophes naturelles qui, à leur tour, ont causé des pertes économiques s’élevant à 210 milliards de dollars l’année dernière. Le secteur agricole représente environ 60 % de ces pertes économiques.

En tant que pays en situation de stress hydrique, la Turquie donne la priorité aux pratiques visant à réduire les pertes d’eau agricole, car les projections montrent une baisse de 17 % des ressources en eau par personne en 2040 en raison de l’augmentation de la population et du changement climatique.

La met déjà en œuvre une série de mesures, notamment dans les bassins en situation de stress hydrique où les agriculteurs sont incités à se tourner vers des cultures moins gourmandes en eau et privilégiant des modes de production agricole respectueux de l’environnement.

Au cours de la dernière décennie, les incitations et la formation offertes aux personnes travaillant dans le secteur agricole ont contribué à multiplier par 42 les terres cultivables du pays pour atteindre 642 000 acres, tandis que la taille de la zone propice à la production biologique est passée à 964 000 acres, soit plus du double des niveaux précédents. Au cours de la même période, le gouvernement a également versé plus de 150 millions de dollars (2,6 milliards de TL) aux agriculteurs qui ont subi des pertes de rendement dues à des facteurs liés au changement climatique.

Le ministère coopère également avec l’Organisation américaine pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et met en œuvre les mesures convenues lors d’un atelier sur le changement climatique et l’agriculture. L’atelier a ouvert la voie à de nouvelles incitations et, sur la base de consultations avec des responsables et des universitaires de la FAO, le ministère de l’Agriculture et des Forêts a couvert la moitié des coûts de tous les projets d’irrigation goutte à goutte et d’irrigation par aspersion présentés au ministère l’année dernière.

Dans le cadre du programme de l’Instrument d’aide de préadhésion au développement rural (IPARD) de l’Union européenne, le gouvernement prévoit d’affecter des prêts d’un montant total de 14 millions d’euros (14,6 millions de dollars) entre 2021 et 2027 à des projets respectueux de l’environnement, notamment la collecte des eaux de pluie, les brise-vent, les l’agriculture et les pratiques de protection contre l’érosion hydrique et éolienne.

Un plan d’action servira de parapluie pour les pratiques qui sont testées dans la province septentrionale de Bolu dans le cadre d’un projet pilote.

Le ministère mettra également en œuvre une stratégie écosystémique de conformité contre le changement climatique dans les écosystèmes steppiques. Il fournira des incitations pour les méthodes d’irrigation modernes sous pression.

Des programmes de formation d'”écoles d’agriculteurs” dans les zones rurales sont également utilisés par le ministère pour enseigner aux agriculteurs comment utiliser efficacement l’eau dans l’irrigation et comment l’économiser. De plus, le ministère aidera à développer de nouvelles semences résistantes à la sécheresse, au froid et aux maladies.

Située dans une zone climatique semi-aride et en situation de stress hydrique, la Turquie vise à prendre davantage de mesures pour optimiser son utilisation de ses ressources en eau limitées, alors qu’une crise climatique menace le pays de plus de 83 millions d’habitants. Les saisons sèches se sont prolongées davantage dans le pays et ont commencé à toucher des zones plus vastes car leur impact se fait sentir sur davantage de personnes. L’augmentation de l’approvisionnement en eau et la réduction de la demande sont essentielles dans cette nouvelle ère. La Société d’hydraulique de l’État (DSI), organisme public, est à la pointe des efforts pour renforcer les approvisionnements, avec de nouveaux barrages, centrales hydroélectriques et réservoirs. Sous la surface, ils travaillent sur des barrages souterrains dans le cadre du plan d’action du ministère de l’Agriculture et des Forêts axé sur “l’amélioration artificielle des sources d’eau”. Jusqu’à présent, 41 projets ont été lancés pour des barrages souterrains dans les provinces d’Izmir, Manisa, Çankırı, Konya, Bursa, Eskişehir, Antalya, Kütahya, Balıkesir, Nevşehir, Kayseri, Niğde, Malatya et Kayseri. Certains sont terminés tandis que d’autres sont en construction. D’ici 2023, le gouvernement prévoit d’achever la construction de quelque 200 barrages souterrains. Les barrages souterrains aident à collecter l’eau de pluie sous la surface pour augmenter le niveau de l’eau souterraine et protéger sa qualité et sa quantité. Bien que les barrages ne puissent pas être construits partout car ils ont besoin de conditions géographiques et topographiques appropriées pour stocker l’eau, ils ont le double avantage de stocker l’eau à la fois au-dessus et au-dessous de la surface. Ils sont également moins chers en termes de coûts de construction et d’expropriation des terres. De plus, ils offrent des taux d’évaporation de l’eau inférieurs à ceux des barrages de surface. Leur construction se concentre sur les vallées alluviales et elles peuvent répondre aux besoins en eau potable et en irrigation des petits villages et villes qui les entourent.

Les experts disent que le changement climatique associé à la mauvaise utilisation des ressources en eau a conduit à un problème de pénurie d’eau en Turquie. Le pays était en état d’alerte après une longue période de sécheresse l’hiver dernier qui a fait craindre une pénurie d’eau, en particulier pour la métropole d’Istanbul. Les précipitations qui ont suivi ont atténué les inquiétudes, mais le risque d’un évitement futur persiste. Les autorités ont préparé plusieurs plans et le président Recep Tayyip Erdoğan a assuré au public l’année dernière que des plans de gestion de l’eau s’étendant jusqu’en 2071 avaient été préparés.

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